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PERSPECTIVES

"Les accidents vont énormément diminuer"

Mettre en circulation des véhicules autonomes exige le feu vert de l’Office fédéral des routes (OFROU). Son directeur, Jürg Röthlisberger, évoque les conditions à remplir et le potentiel qu’il voit dans la nouvelle technologie.

Jürg Röthlisberger, directeur de l’OFROU, se réjouit de l’arrivée des voitures autonomes.

Les véhicules robots: malédiction ou bénédiction?
Bénédiction. En Suisse, nous avons un problème d’efficacité: les voitures privées sont mal utilisées, voire inutilisées la plupart du temps. Les véhicules autonomes, au contraire, offrent un grand potentiel. Premièrement, ils peuvent communiquer entre eux, rouler à moindre distance les uns des autres, et prévoir et contourner les encombrements ce qui fluidifie le trafic. Deuxièmement, ils vont permettre des offres entièrement nouvelles, comme des bus sans chauffeur, qui répondent mieux encore aux besoins des clients. Et troisièmement, leur construction plus légère est un facteur d’économies d’énergie considérables.

"À l’échelle internationale, nous sommes en excellente position."

Jürg Röthlisberger, directeur de l’OFROU

Pouvez-vous expliquer ce dernier point?
Plus de 90% des accidents sont attribuables à des défaillances humaines. Avec les véhicules autonomes, ces risques disparaissent. Certes, il n’existe pas de sécurité absolue, mais le nombre des accidents va énormément baisser, permettant de construire des voitures plus légères qui consomment donc moins.

Si, exceptionnellement, une situation d’accident se produit malgré tout, la décision incombe à une machine. Comment régler ce point?
Nous n’avons pas encore de réponse à cette question que nous nous posons bien sûr. Une possibilité consisterait à intégrer des principes éthiques dans la programmation des systèmes de conduite. Cette approche est prévue en Allemagne mais controversée. Il serait possible également de conserver les règles actuelles et de laisser les tribunaux statuer sur les incidents peu nombreux, comme c’est le cas aujourd’hui pour les accidents graves.

Revenons à aujourd’hui: que pensez-vous du projet pilote de Zoug auquel participe Mobility?
Il s’agit de la meilleure publicité qui soit pour la place technologique suisse. À l’échelle internationale, nous sommes en excellente position grâce à lui. L’OFROU veille au respect du cadre technique et légal et définit les règles du jeu.

Quelles sont-elles exactement?
Les véhicules autonomes doivent remplir les mêmes exigences que les véhicules traditionnels, en termes de vitesse comme de composants techniques tels que les freins. Tout ce qui leur manque doit être compensé: le volant, par exemple, par une personne prête à intervenir en cas d’urgence. Les exploitants doivent en outre se procurer une concession de radiocommunication et présenter un concept de sécurité.

Les véhicules entièrement automatiques ne sont donc pas autorisés.
Exact, il faut pour cela modifier la loi sur la circulation routière. Nous y travaillons actuellement et allons faire des propositions concrètes à débattre d’ici au début de l’année prochaine.